Qu’est-ce que Google ferait à l’industrie touristique?

Le 27 janvier dernier, le blogueur, auteur et consultant américain Jeff Jarvis lançait son livre What Would Google Do?,  dans lequel il soutient que l’approche de Google pourrait s’appliquer avec grand profit bien au-delà du monde des technologies. En guise d’aperçu sur son blogue, il montre notamment comment cette approche, centrée sur le perpétuel perfectionnement des produits en fonction de ce que révèlent les données d’utilisation, pourrait s’appliquer dans le monde de la restauration et du commerce.

La même journée, le 27 janvier, le maire Michael Bloomberg dévoilait un nouveau projet touristique pour la Ville de New York réalisé conjointement avec nul autre que… Google.

Ainsi, si nous nous demandions «What Would Google Do… to Tourism?», nous avions déjà un élément de réponse.

Le projet est à la fois un site Web – NYCGo.com – et un centre d’information touristique «réel», le NYC Information Center.  Tant le site que le centre touristique utilisent abondamment les services de géolocalisation de Google (à savoir: Google Maps et Google Earth) afin de permettre aux touristes de se constituer des itinéraires et planifier leur voyage de l’aéroport à la salle de spectacle, en passant par l’hôtel et le restaurant. Toute l’information ainsi repérée est aisément transférable sur appareil mobile et partageable sur les principaux réseaux sociaux. Les événements, hôtels et restaurants peuvent aussi être évalués et critiqués par les utilisateurs.

Nul doute que la ville de New York accumulera ainsi, dans le plus pur esprit de Google, de précieuses informations sur les déplacements détaillés des touristes. Ce qui bien sûr n’était pas possible à l’époque où l’essentiel du transfert d’information touristique se faisait par des dépliants promotionnels disponibles dans les centres d’information.

La Ville de New York pourra maintenant savoir que ceux qui logent au Roosevelt Hotel choisissent souvent de  souper au Central Park Boathouse avant d’assister à un spectacle de jazz au Blue Note. On voit déjà venir les offres personnalisées et les forfaits du type hôtel+restaurant devenir de plus en plus pertinentes. Cela a des avantages certains, tant pour l’industrie touristique que le bonheur des touristes — mais à condition que le système permette à n’importe quel restaurant, hôtel ou salle de spectacle d’y diffuser leur offre, et non seulement à des commanditaires. Cela semble être le cas, bien que le service ne semble pas gratuit.

Nous ne savons pas combien a coûté ce projet à la ville de New York. Probablement cher, mais pas nécessairement plus que ce qu’a coûté le site Tourisme-Montreal.org (1.5 millions de dollars). À sa sortie en 2008, Tourisme-Montreal.org a autant été applaudi (Prix Boomerang de l’annéeCyberpresse) que décrié (Mario AsselinMontreal Tech WatchLaurent Gloaguen).

Une comparaison entre les deux sites permet d’ailleurs de constater à quel point ils ont été réalisés avec des approches différentes. Tourisme-Montreal.org, réalisé par l’agence de marketing Sid Lee, est définitivement plus «époustouflant», et nous imaginons qu’il a été réalisé dans l’intention première de convaincre une certaine classe de touristes étrangers de choisir Montréal plutôt qu’une autre ville. Montréal y est montré sous son côté urbain et branché, ce qui bien sûr ne fait pas honneur à toute la diversité de notre ville. Là n’est toutefois pas la reproche principale qu’on peut faire à ce site. Réalisé en grande partie en Flash, il serait totalement inadapté à la réalité du Web d’aujourd’hui, tant sur le plan de l’accessibilité que de l’interactivité avec les lecteurs.  

Et vous, que pensez-vous de ces deux projets?

Écrit le 15 février 2009 par Vincent Audette-Chapdelaine
Classé sous Divers


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